mardi 16 décembre 2008
Cette Afrique qui a tant à nous (ré)apprendre...
Nous sommes à 1 km de Natumgo, à la frontière entre le Ghana et le Mali.
Enfin, "frontière" est un bien grand mot quand on connait l'histoire de l'Afrique...
Ici, nous sommes dans un village traditionnel de l'ethnie Gurunsi aux cases si finement décorées.
Là
est l'Afrique véritable, celle qui n'a pas été redessinée par le
colonisateur. Parce qu'en Afrique, être malien ou ghanéen n'a aucun
sens, seule l'ethnie compte.
Parce que les ethnies, c'est le sang et l'histoire profonde de l'Afrique.
Il
y a là une âme particulière, une culture riche et qui, même si elle ne
nous laissent pas de traces écrites, nous révèle un beau patrimoine.
L'Afrique,
terre de mémoires... mémoire des ancêtres, de ces sages conteurs qui,
au pied d'un baobab, entretiennent la tradition en racontant l'histoire
de bergers ou de paysans à des enfants subjugués.
Parce qu'en
Afrique, il n'y a pas de télé ni de playstation, pas de jouets
ultra-sophistiqués, c'est avec deux bouchons et quelques tiges de fer
que les enfants fabriquent eux-mêmes leurs jouets...
Pauvreté
? Peut-être... en fait, non. En Afrique, on vit avec les enfants. En
Afrique, on connait la vraie valeur des choses, de ces vraies choses,
celles qui ne se monnaient pas...
En
Afrique, enfin, on ne laisse jamais "crever" un vieillard, seul, dans
une sordide maison de retraite. Il n'y a pas de vieux "inutiles", en
Afrique. En Afrique, quand un Ancien (et l'on utilise avec respect)
meurt on dit que c'est une bibliothèque qui brûle.
Beaucoup, de nos jours, jettent l'opprobre sur l'Afrique.
Avant
de critiquer, ils feraient mieux de se regarder. Parce que l'Afrique,
contrairement à ce que l'on ose prétendre du haut de notre arrogance
européenne, a certainement beaucoup à nous apprendre (ou nous
réapprendre)... à méditer...
lundi 15 décembre 2008
En hommage à un enfant d'Albany...
Il s'agit de Ray Charles, célèbre pianiste virtuose de la Soul auquel la ville d'Albany, en Georgie, a consacré un monument.
Quel plus bel hommage que celui-là ?
Lui
qui a consacré une chanson à sa terre natale, lui qui portait la
musique noire dans le cœur et même s'il était privé d'un sens
fondamental, voyait bien plus clair que nous et plus lucide.
Il
a chanté à sa manière l'espoir de milliers de gens, fait vibrer les
âmes jusqu'au chœur des églises en donnant de l'énergie à des fidèles
qui ont chanté Dieu. Dieu et l'espérance.
Cet espérance de voir
un jour des gens réunis autour d'une même bannière, par-delà les
différences. Un rêve jusque-là impossible. Jamais un espoir n'est vain,
au fond dans ce monde, et lutter pour ses idées est toujours essentiel.
Ainsi,
pour l'éternité, "The Genius" continuera à jouer pour tous les enfants
noirs ou blancs, métis d'Amérique ou d'ailleurs parce qu'un jour,
viendra enfin où l'on ne jugera plus les gens sur ce qu'ils sont mais
sur ce qu'ils font.
C'est l'esprit, la seule et véritable mesure de l'Homme.
jeudi 11 décembre 2008
Juste un souffle...
Le soleil vient à peine de se lever et ses premiers rayons frappent la surface du lac Gadisar.
Nous sommes près de Jaisalmer, au Rājasthān, dans le nord de l'Inde...
Un moment de paix et de calme, de repos, c'est l'endroit idéal le matin pour méditer.
Oublier les turpitudes du monde et se détacher.
Ici,
on se sent proches des divinités du lac et des génies de la nature, le
vent nous parle, l'eau nous murmure. Comme si ton toi intérieur faisait
un tout avec le milieu qui t'entoure.
Là est la magie de l'Inde... et ses plus de huit mille ans de civilisation.
Et
l'on sent alors toute la fragilité de l'être humain face au temps. Le
temps, mais qu'est-ce que le temps, finalement ? Est-il vraiment
mesurable, quantifiable ? N'est-ce pas là l'illusion humaine de vouloir
tout contrôler jusqu'au temps qui passe sans lui ?
Nous subissons tous le changement, nous passons et puis nous mourrons.
C'est le cycle naturel de la vie. Ainsi vont les choses et c'est ce que l'on nomme là-bas l'impermanence.
Nous ne sommes qu'un éphémère souffle dans le monde. Et nous nous envolerons aussi vite qu'une plume.
Alors
à quoi bon toujours vouloir posséder ? Profiter de la vie, c'est
davantage important... et c'est là l'essentiel de l'existence humaine.
jeudi 4 décembre 2008
Prenons de la hauteur
Cela fait du bien de s'élever, parfois. Et regarder le monde par le haut.
A chacun de gravir sa montagne. L'important n'est au fond pas le but mais l'ascension.
L'alpinisme, c'est une grande école de la vie qui nous apprend l'humilité.
La
montagne, elle se mérite. Et l'homme n'est jamais gagnant contre elle,
un peu comme la mer. Elle s'offre à ceux qui savent où est leur place.
Et ça c'est très important.
Il
faudrait amener tous ceux qui nous gouvernent, ceux qui débattent et
qui donnent des leçons à gravir les montagnes, cela leur ferait du bien.
En fait, c'est s'élever pour mieux trouver sa place dans ce monde.
Ces
montagnes ont des millions d'années d'existence pour certaines. Et
nous, nous sommes sur Terre depuis combien de temps ? Combien d'années
nous restent à vivre ?
Nous faisons un éphémère passage, un éclair entre deux éternités.
Jean d'Ormesson a dit une phrase très juste à propos de l'existence, il disait : "La vie, c'est quarante ans de mauvaises années à passer, après on est tranquilles."
Qu'avons-nous fait de nos vies ?
Et pourquoi c'est toujours au moment de tirer notre révérence que nous devenons enfin si sereins ?
mardi 2 décembre 2008
Marquer son territoire, comme des chiens...
Nous voici ici près de Tokary, un village à la limite entre la Pologne et la Biélorussie.
Quand je vois ça, une réflexion me vient.
Pourquoi les hommes ont-ils l'obsession de faire comme les chiens qui pissent pour marquer leur territoire ?
Toutes
ces bornes, ces murs, ces fossés et j'en passe pour dire "c'est là que
j'habite, défense d'entrer", tout ça ça me troue quelque part.
Je l'ai souvent dit: dans ce monde, nous construisons trop de murs et pas assez de passerelles.
Les
frontières, c'est fait pour être traversées, au fond. Et dans un monde
où les communications s'échangent à la vitesse d'un clic de souris,
quel est l'intérêt ?
D'où l'intérêt, plus que jamais de construire l'Europe, cet espace où enfin les Européens découvriront qu'ils sont des frères.
Un auteur a dit un jour : "toute guerre en Europe, c'est une guerre civile".
Et c'est vrai !
Parfois,
j'aimerais être un oiseau du genre pigeon migrateur et voyager en
ignorant ces stupides bornes qui n'ont plus aucun sens. Il n'y a de
frontières que "naturelles", aujourd'hui.
Méditez bien sur ce, et bonne journée !
