jeudi 29 janvier 2009
Puissance et gloire ?
La Bank of America Corporate Center est un gratte-ciel de Charlotte en Caroline du Nord.
Il est actuellement l'immeuble le plus élevé de la ville et le siège-social principal de la Bank of America.
A une époque où l'argent-roi s'élançait sans complexe dans le ciel des Etats-Unis. Volonté de puissance, de gloire, d'écraser.
Avant qu'ils ne prennent conscience que le dollar n'achète pas tout.
Et que dans la vie, il y a d'autres valeurs fondamentales qui ne se cotent pas en Bourse.
Les Américains auraient-ils pris conscience qu'ils ne sont pas des demi-dieux mais des hommes, comme tous les autres ?
Que leur pays ne sera plus jamais le "plus puissant de la Terre" mais une nation, forte, certes, mais aux côtés d'autres ?
Qu'ils
sont, comme chacun des 6 milliards d'êtres humains, embarqués dans une
longue histoire dont ils ne sont que les éléments d'une même chaîne ?
Le
monde change. Les Américains commencent à le comprendre. Ils
comprennent que plus rien ne sera comme avant et qu'il faut parfois
ravaler de sa superbe pour se remettre en question.
L'ère de prospérité touche à sa fin.
Et
c'est mieux ainsi. Le dieu dollar doit tomber. Les temples voués à son
culte doivent s'effondrer. La vie humaine ne doit plus être sacrifiée
sur l'autel du Marché-Roi.
Peut-être qu'en parcourant Charlotte
et ses hauts buildings, comme ci-dessus (la vidéo date de 1987), on
peut se rendre compte de ce que fut l'Amérique, autrefois, impudente,
orgueilleuse, méprisant la pauvreté et vouée à l'individualisme, seul
garant d'une vie de "luxe".
La réussite personnelle.
Pendant
toutes ces années, on leur a fait croire que si l'on est pauvre c'est
qu'on a tout fait pour l'être, que si l'on est riche c'est qu'on l'a
mérité.
Il suffit d'une crise mondiale, touchant en profondeur
les hommes, pour qu'ils prennent conscience que l'argent n'est qu'une
illusion, un peu comme le diable, qui brûle les doigts, fait miroiter
des promesses de vie facile mais vous vole votre âme.
Plus jamais ne sera comme avant.
La crise laissera des traces aux Etats-Unis. L'ère Reagan, c'est désormais terminé. Enfoui, évanoui, lointain.
N'existe
plus que ces buildings de verre, souvenirs d'un temps où l'Amérique
régnait en maître sur la finance mondiale. Oui, à cette époque chaque
Américain possédait deux voitures, deux maisons, tout en double, en
triple et des gros dollars sur ses comptes en banque.
Mais était-ce vraiment cela le but d'une vie ?
N'ont-ils pas confondu "bonheur" et "plaisirs" ?
Ces
"plaisirs" artificiels qui vous font vivre à crédit parce qu'il vous
faut toujours plus... plus que le voisin, que le beau-frère, que le
père même.
Mais qui finalement, vous fait oublier tout le reste, le principal. Vivre tout simplement.
La recherche du bonheur, c'était ce qui sous-tendait les idéaux des Pères fondateurs de l'Amérique. Pas les plaisirs.
Une petite maison, un jardin, une épouse (un mari) et des enfants.
Georges Washington, premier président des USA, recevait les ambassadeurs dans sa ferme... idem pour son successeur, John Adams.
Peut-être
est-il enfin temps pour l'Amérique de cesser enfin cette course absurde
aux profits et se tourner vers des valeurs plus saines, celles qui ont
fait leur pays, les idéaux de leurs ancêtres.
Je leur souhaite, en tout cas.
L'argent n'est qu'un moyen, pas un but en soi. Ni une finalité, on ne vit pas pour l'argent.
Les Américains l'ont enfin compris.
Il y a des choses qui ne s'achèteront jamais avec des billets fussent-ils verts.
Au
fond, cette crise ne sera pas si négative. Elle nous aura fait prendre
conscience à tous, aux Américains et à tout le monde industrialisé,
développé, que l'on ne peut continuer à vivre dans une course
permanente qui mène... à rien, au fond.
Qu'il vaut mieux vivre
heureux avec pas grand chose, que se lancer dans une course à la
réussite et au profit qui vous hypothèque tout ce que vous avez et met
votre vie en danger.
Il y a des choses qui ne se monnaient pas.
Non, plus rien ne sera comme avant.
Et c'est tant mieux.
mercredi 21 janvier 2009
Comme une cicatrice

Comme une cicatrice, aujourd'hui, voilà ce qu'il reste de cette blessure infligée à l'Europe pendant plus de quarante ans.
Nous sommes près de Bratislava, la capitale de la Slovaquie, à quelques pas de l'Autriche.
C'est
tout ce qui reste de l'ancien "rideau de fer", selon l'expression
consacrée par Winston Churchill, ce grillage honteux qui pendant des
décennies à coupé l'Europe en deux.

Aujourd'hui, les deux pays étant membres de l'Union Européenne, voilà la limite qui sépare les deux territoires.
Plus de grillage, plus de miradors ni de tranchées, juste deux bornes et un talus à traverser pour rejoindre l'autre côté.
Et
pourtant, j'étais très jeune à cette époque mais je me souviens encore
de ceux que l'on appelait "transfuges" et qui étaient près à prendre
tous les risques pour faire... cent mètres et franchir le mur interdit.
Il n'y avait pas loin de Bratislava à Vienne, pourtant.
Les deux villes se touchent presque. Et pourtant, il fut un temps où même ce qui était si proche était le plus inaccessible.
Je
pense à tous ces jeunes vingtenaires qui, à l'époque, devaient rêver en
voyant les lumières de l'autre côté. L'occident et la liberté, à portée
de bras et eux, derrière les grillages, interdits d'entrer.
Mais au nom de quoi, au nom de qui, a t-on décidé du sort de milliers et de milliers de gens ?
Pourquoi
couper les hommes en deux, entre ceux de l'Ouest et ceux de l'Est ?
Pourquoi ce monde prend t-il parfois les couleurs de l'injustice ?
Est-ce aux enfants de payer pour les erreurs commises par le passé ?
En
pensant à tout cela, c'est la mémoire de tous ces jeunes hommes, ces
jeunes femmes aussi, qui ont pris tous les risques, parfois y ont
laissé leur vie, pour traverser le fossé et témoigner, comme un pied de
nez aux oppresseurs, que l'on enferme jamais l'envie de liberté.
Que Dieu nous préserve de vivre de pareils moments.
Aujourd'hui,
l'Europe est en paix, enfin réunifiée. Aujourd'hui, les enfants
d'Autriche et de Slovaquie peuvent jouer ensemble, sans grillage pour
les empêcher de se rencontrer.
Mais je pense aussi à tous ces
murs qui existent encore dans ce monde. En Corée, par exemple, mais
aussi en Israël et cette infâme "barrière de sécurité" qui condamne
tout un peuple à rester enfermé.
Je pense à toutes ces
humiliations subies, ces blessures qui font souffrir encore tant de
gens sur la planète et je prie pour eux, je prie pour qu'un jour il n'y
ait plus un seul enfant sur cette Terre qui n'ait à jouer derrière les
grillages.
L'investiture d'Obama, hier, nous a rendu l'espoir.
L'espoir d'un monde qui pourrait enfin vivre selon les principes
d'humanité auxquels je crois fortement, au fond de moi.
Non, les Américains n'ont jamais rien perdu de leurs idéaux. Et hier, j'en ai eu la preuve.
Et
nous, Européens, qui aujourd'hui pouvons nous dire libres et réunis,
formons au fond qu'un seul et même peuple, par-delà nos différences,
nous aurons un rôle à jouer, un message à transmettre et je souhaite,
de tout cœur, que l'on finisse par ranger toutes ces armes et que l'on
abaisse toutes les barrières, même celles de l'esprit, et que l'on
arrive enfin à vivre dans un monde de paix, de justice et d'humanité.
jeudi 15 janvier 2009
Que chacun approche de l'enfant de Bethléem
Revenons un instant sur le message du Saint Père, Benoit XVI,
lors de la traditionnelle messe de minuit, au Vatican, qui exhortait
ses "chers frères et sœurs" à s'approcher de l'enfant de Bethléem, "ce Dieu qui, pour nous, a voulu se faire enfant".
En
penchant nos visages et ouvrant grand nos cœurs vers l'enfant divin,
pensons à ces enfants auxquels l'amour des parents est refusé.
Pensons aussi à ces enfants des rues qui n'ont pas de foyer.
Pensons
à ces enfants qui sont utilisés d'une façon brutale comme soldats et
dont on fait des instruments de violence, alors qu'ils devraient être
les vecteurs de paix et de réconciliation entre tous les hommes de la
terre.
Mais aussi, pensons à ces enfants qui, par l'industrie de
la pornographie et par toutes les autres formes abominables d'abus,
sont blessés au plus profond de leur âme.
Comme le Saint Père
l'avait alors justement rappelé dans son homélie, il est temps de tout
faire ce qui nous est possible afin que soient mis un terme aux
épreuves de ces enfants.
Ensemble, en pensant à Bethléem, cette
localité du Proche-Orient ou Notre Seigneur a vu le jour, lieu chargé
de symboles, prions. Prions ensemble pour que cessent la haine et la
violence.
Prions pour que s'éveille enfin la compréhension
réciproque, que se réalise une ouverture des cœurs qui ouvre toutes les
frontières.
