jeudi 6 novembre 2008
Obama ou de nouvelles raisons d'espérer !
"And the Dream become true..."
Il y a quarante ans, un pasteur faisait un rêve à Washington... quarante ans plus tard, le rêve devint réalité.
Moment historique dans l'aventure américaine, pour la première fois un Noir accédera à la Maison Blanche.
A 47 ans, Barack Obama sera investi 44e président des Etats-Unis le 20 janvier 2009.
Il deviendra ainsi le premier président noir de l'histoire du pays.
Mais les défis à relever sont de taille.
En effet, les Etats-Unis, et le monde dans leur sillage, traversent la plus grave crise financière depuis celle de 1929.
De
plus, le pays est engagé dans deux guerres, en Irak et en Afghanistan.
Quelque 152.000 soldats américains sont toujours déployés en Irak plus
de cinq ans après l'invasion de ce pays et 32.000 soldats américains se
trouvent en Afghanistan, six ans après le début de la guerre contre le
terrorisme.
Avant même de prendre ses fonctions dans le bureau
ovale de la Maison Blanche le 20 janvier prochain, Obama va devoir
expliquer comment il compte relancer l'économie du pays et composer
avec un déficit public proche de 500 milliards de dollars.
Le choix de son secrétaire au Trésor devrait être crucial.
Certains
noms sont d'ailleurs avancés, comme les ex-clintoniens Robert Rubin et
Lawrence Summers. Ou encore le président de la Réserve fédérale de
l'Etat de New York, Tim Geithner, également Paul Volcker.
En
tout cas, Barack Obama aura un avantage de taille: il bénéficiera à la
fois de l'appui du Congrès qui sera de la même "couleur" que lui. Et
ce, pour la première fois depuis 1992.
Alors, bien sur, Obama
n'est pas dupe. Il est conscient de la tâche qui lui incombe et le dit
lui-même : "Il y aura des revers et des faux départs."
Il est
conscient aussi que nombre d'Américains ne seront pas toujours d'accord
avec ses décisions mais il s'efforcera de rester toujours honnête et
qu'il sera à l'écoute de tout le monde, y compris ceux qui ne seront
pas d'accord.
Et les défis à relever sont de taille: le taux de
chômage atteint 6,1% et les prévisions pour l'an prochain sont
pessimistes. Les consommateurs n'ont plus le moral. La crise
immobilière n'est pas terminée. Les comptes de l'assurance-santé et de
l'assurance-vieillesse sont plombés.
lundi 22 septembre 2008
Amérique : le rêve de Martin Luther King s'est-il réalisé ?
Il y a 45 ans de cela, le
pasteur Martin Luther King prononçait son célèbre "I have a dream" en
face du Capitole, à Washington, lors de la marche des droits civiques.
Aujourd'hui,
à la veille des élections présidentielles qui, pour la première fois
dans l'histoire de l'Amérique, verra un Noir postuler au poste suprême,
la question du racisme est loin d'être réglée et ce, malgré des progrès
dans la société.
Dans son discours, King évoquait une
société où les Noirs ne seraient plus victimes de discriminations et
vivraient harmonieusement avec les Blancs.
Il parlait d'une Amérique où les citoyens ne seraient pas jugés sur la couleur de leur peau.
"Je
fais le rêve", disait-il, "Je fais le rêve qu'un jour cette nation se
lève et vive la véritable signification de son credo: 'nous tenons ces
vérités pour évidentes, que tous les hommes ont été créés égaux'",
avait-il lancé sur les marches du Lincoln Memorial à Washington, le 28
août 1963.
A cette époque, il faut savoir que la ségrégation
était légale: les parcs, toilettes, hôtels, cinémas, écoles et
fontaines à eau réservés aux Blancs étaient monnaie courante. Les
relations sexuelles "interraciales" étaient interdites par des textes
de loi et les lynchages de Noirs étaient fréquents.
Les choses
ont commencé à changer dans les années 60 avec l'adoption du Civil
Rights Act, déclarant illégale la discrimination, et d'autres lois sur
le droit de vote et le logement. En 1967, la Cour suprême interdit une
loi en Virginie qui jusque là proscrivait les mariages entre Blancs et
Noirs.
Aujourd'hui, 45 ans après, on pourrait dire que tout a changé ... et bien, non, du moins pas tout à fait ...
Bien
sur, l'Amérique est entrée dans une ère "post-raciale" mais la question
est encore loin d'être réglée. Pour preuve, les injures ouvertement
racistes du commentateur radio Don Imus ou les sermons enflammés de
l'ancien pasteur Jeremiah Wright ont provoqué dernièrement une vive
émotion aux Etats-Unis, tant chez les Noirs que chez les Blancs.
En fait, tout a changé et rien n'a changé.
C'est le paradoxe dans lequel vivent les Américains aujourd'hui.
Il
faut savoir que la plupart des Américains estiment que le racisme
demeure un problème, mais ne se considèrent pas eux-mêmes comme
racistes. Et pourtant, si l'on regarde les statistiques, les Noirs se
disent souvent victimes de discriminations à l'emploi et au logement.
C'est en politique, cependant, que les choses ont le mieux changé et de manière remarquable.
Les
Afro-Américains, qui représentent 13% de la population, sont plus
nombreux à occuper des fonctions électives. A la Chambre des
représentants du Congrès (435 sièges), ils étaient neuf en 1969, contre
43 aujourd'hui. Dans les années 60, on comptait aussi seulement 300
élus noirs locaux, contre 10.000 aujourd'hui, dont 300 maires. La
participation des Noirs aux élections a en outre gagné du terrain.
Mais la politique américaine joue également sur les divisions raciales.
Depuis
les années 60, le système bipartite américain a donné lieu à une
ségrégation de facto, les Noirs votant essentiellement pour le camp
démocrate. Pas un seul candidat démocrate n'a remporté la majorité du
vote blanc depuis 1964, année où les républicains ont mis en place leur
"stratégie sudiste", exploitant des questions raciales comme la
discrimination positive pour polariser l'électorat.
Si les
Noirs arrivent à gagner des circonscriptions où leur communauté est
fortement implantée, reste qu'il est très inhabituel qu'un candidat
noir qui se présente à un poste à l'échelon d'un des Etats du pays soit
nommé ou élu.
La polarisation raciale est toujours là ...
Aujourd'hui
encore, le revenu moyen des Noirs atteint seulement 61% de celui des
Blancs, et les Afro-Américains ont presque deux fois plus de risques
d'être au chômage et de ne pas avoir d'assurance-santé, selon les
statistiques officielles.
Environ 25% vivent sous le seuil de
pauvreté, un chiffre qui s'établit à "seulement" 9,3% pour les Blancs.
Le taux de pauvreté des enfants noirs, bien qu'en baisse depuis 1963,
reste deux fois et demi plus élevé que pour les Blancs.
Il y a encore du chemin à faire.
Voilà
pourquoi, si le 4 novembre, Barack Obama est élu à la Maison Blanche,
se serait un très grand tournant dans l'histoire américaine.
Espérons ...
