mercredi 24 septembre 2008
Crise financière: le défi français de Nicolas Sarkozy
Notre Président aime les défis, il va être servi.
Avec
près de deux Français sur trois qui jugent mauvaise la politique du
gouvernement, c'est un véritable challenge qui s'impose à Nicolas
Sarkozy, ce jeudi.
En effet, dans un discours où il sera attendu
au tournant par l'opposition, il devra convaincre plus de la moitié des
Français qui se disent très sceptiques sur la politique du gouvernement.
Nul n'est jamais prophète en son pays, dit le dicton.
En
effet, si à l'ONU, Nicolas Sarkozy est apparu comme le "champion" de la
régulation des marchés, à Paris, en revanche, il reste le chantre de la
"dérégulation" et de l'ouverture irréfléchie des marchés.
Du moins, est-ce comme cela que le voit Julien Dray, le porte-parole du PS.
Si
les propos de M. Dray sont peut-être caricaturaux, ils n'en sont pas
moins dénués d'un fond de vérité : après tout, ce n'est plus un secret
pour personne, les caisses sont "vides" et les taxes bonus/malus du
père Borloo n'ont plus vraiment le vent en poupe ...
Nicolas
Sarkozy n'a pas d'autres possibilités de manoeuvre, ses cartouches
ayant été quasiment brûlées à New YorK. Il ne lui reste plus qu'à
décliner les grandes lignes de son discours à l'ONU sur la moralisation
du capitalisme. Et en profiter pour relancer un projet de loi contre
les parachutes dorés des grand patrons, une mesure qui a l'avantage de
ne rien coûter.
La Déclaration de la Moneda ou quand l'Amérique du Sud devient une nouvelle puissance
Les dirigeants
sud-américains se sont réunis, le mardi 16 septembre, au Palais de la
Moneda à Santiago du Chili, pour apporter leur soutien unanime au
président bolivien, Evo Morales, mais l'invite à laisser ouverte la
"voie au dialogue".
Un dialogue qui, espèrent les signataires, amènera une "solution durable".
La
"déclaration de La Moneda", publié après la réunion, rejette par avance
toute tentative de "coup civil" et soutient l'unité de la Bolivie et
l'ordre constitutionnel.
Le dialogue devra se faire avec l'aide
d'une commission ouverte à tous les membres de l'Unasur. Cette
commission aidera au travail d'une table ronde présidée par Evo Morales.
Ce
pragmatisme dont on su faire preuve les dirigeants sud-américains
reflètent bien l'influence de la présidente du Chili, Michelle Bachelet
et du Brésil Inacio Lula Da Silva qui avaient exigé une réunion
concrête pour ce "baptême du feu" de l'Unasur, créée en 2004.
L'Unasur
qui participera bientôt à une commission d'enquêtes sur les violences
qui ont fait au moins 18 morts et une centaine de blessés à Pando, une
région du nord de la Bolivie.
Il s'agit, à terme, d'éviter des
déclaration enflammées contre les Etats-Unis de la part des présidents
vénézuélien Hugo Chavez et bolivien Evo Morales qui viennent d'expulser
les représentants de Washington de leur pays.
Le pari semble gagné pour l'Unasur.
Et l'Amérique du Sud s'affirme chaque jour, un peu plus, comme une nouvelle puissance sur l'échiquier politico-économique.
A suivre ...
lundi 22 septembre 2008
Amérique : le rêve de Martin Luther King s'est-il réalisé ?
Il y a 45 ans de cela, le
pasteur Martin Luther King prononçait son célèbre "I have a dream" en
face du Capitole, à Washington, lors de la marche des droits civiques.
Aujourd'hui,
à la veille des élections présidentielles qui, pour la première fois
dans l'histoire de l'Amérique, verra un Noir postuler au poste suprême,
la question du racisme est loin d'être réglée et ce, malgré des progrès
dans la société.
Dans son discours, King évoquait une
société où les Noirs ne seraient plus victimes de discriminations et
vivraient harmonieusement avec les Blancs.
Il parlait d'une Amérique où les citoyens ne seraient pas jugés sur la couleur de leur peau.
"Je
fais le rêve", disait-il, "Je fais le rêve qu'un jour cette nation se
lève et vive la véritable signification de son credo: 'nous tenons ces
vérités pour évidentes, que tous les hommes ont été créés égaux'",
avait-il lancé sur les marches du Lincoln Memorial à Washington, le 28
août 1963.
A cette époque, il faut savoir que la ségrégation
était légale: les parcs, toilettes, hôtels, cinémas, écoles et
fontaines à eau réservés aux Blancs étaient monnaie courante. Les
relations sexuelles "interraciales" étaient interdites par des textes
de loi et les lynchages de Noirs étaient fréquents.
Les choses
ont commencé à changer dans les années 60 avec l'adoption du Civil
Rights Act, déclarant illégale la discrimination, et d'autres lois sur
le droit de vote et le logement. En 1967, la Cour suprême interdit une
loi en Virginie qui jusque là proscrivait les mariages entre Blancs et
Noirs.
Aujourd'hui, 45 ans après, on pourrait dire que tout a changé ... et bien, non, du moins pas tout à fait ...
Bien
sur, l'Amérique est entrée dans une ère "post-raciale" mais la question
est encore loin d'être réglée. Pour preuve, les injures ouvertement
racistes du commentateur radio Don Imus ou les sermons enflammés de
l'ancien pasteur Jeremiah Wright ont provoqué dernièrement une vive
émotion aux Etats-Unis, tant chez les Noirs que chez les Blancs.
En fait, tout a changé et rien n'a changé.
C'est le paradoxe dans lequel vivent les Américains aujourd'hui.
Il
faut savoir que la plupart des Américains estiment que le racisme
demeure un problème, mais ne se considèrent pas eux-mêmes comme
racistes. Et pourtant, si l'on regarde les statistiques, les Noirs se
disent souvent victimes de discriminations à l'emploi et au logement.
C'est en politique, cependant, que les choses ont le mieux changé et de manière remarquable.
Les
Afro-Américains, qui représentent 13% de la population, sont plus
nombreux à occuper des fonctions électives. A la Chambre des
représentants du Congrès (435 sièges), ils étaient neuf en 1969, contre
43 aujourd'hui. Dans les années 60, on comptait aussi seulement 300
élus noirs locaux, contre 10.000 aujourd'hui, dont 300 maires. La
participation des Noirs aux élections a en outre gagné du terrain.
Mais la politique américaine joue également sur les divisions raciales.
Depuis
les années 60, le système bipartite américain a donné lieu à une
ségrégation de facto, les Noirs votant essentiellement pour le camp
démocrate. Pas un seul candidat démocrate n'a remporté la majorité du
vote blanc depuis 1964, année où les républicains ont mis en place leur
"stratégie sudiste", exploitant des questions raciales comme la
discrimination positive pour polariser l'électorat.
Si les
Noirs arrivent à gagner des circonscriptions où leur communauté est
fortement implantée, reste qu'il est très inhabituel qu'un candidat
noir qui se présente à un poste à l'échelon d'un des Etats du pays soit
nommé ou élu.
La polarisation raciale est toujours là ...
Aujourd'hui
encore, le revenu moyen des Noirs atteint seulement 61% de celui des
Blancs, et les Afro-Américains ont presque deux fois plus de risques
d'être au chômage et de ne pas avoir d'assurance-santé, selon les
statistiques officielles.
Environ 25% vivent sous le seuil de
pauvreté, un chiffre qui s'établit à "seulement" 9,3% pour les Blancs.
Le taux de pauvreté des enfants noirs, bien qu'en baisse depuis 1963,
reste deux fois et demi plus élevé que pour les Blancs.
Il y a encore du chemin à faire.
Voilà
pourquoi, si le 4 novembre, Barack Obama est élu à la Maison Blanche,
se serait un très grand tournant dans l'histoire américaine.
Espérons ...
L'appel du pape aux puissants qui nous gouvernent
Le pape Benoit XVI
a une fois encore, interpellé les dirigeants de la planète dans son
homélie lors de la prière de l'angélus à sa villa de Castelgandolfo.
Il
leur a demandé, entre autres, à ce que, à l'occasion de la prochaine
Assemblée générale de l'ONU, ils se mettent tous d'accord sur un plan
mondial de lutte contre la pauvreté et la famine.
Le
rôle des puissants qui nous gouvernent, estime le souverain pontife,
devrait être de prendre et appliquer avec courage les mesures
nécessaires pour éradiquer la pauvreté, la faim, l'ignorance et le
fléau des pandémies, qui touchent surtout les plus vulnérables.
Bien entendu, a t-il reconnu, les temps sont difficiles aujourd'hui et pour tout le monde.
Mais notre pape a raison.
Réflechissez
qu'aujourd'hui, dans le monde où nous vivons, certains sont moins bien
lotis que d'autres et périssent, bien souvent abandonnés faute de soins
ou de moyens suffisants pour ne serait-ce, agir.
Il suffirait,
cependant, de cesser de nos haïr mais de tourner son regard chacun vers
l'autre et se tendre la main, dialoguer, préférer l'amour à la guerre,
vivre ensemble plutôt chacun de son côté.
Et de prendre soin de
ce jardin que le Seigneur nous a confié, cette Terre, notre mère, à
tous et qui a besoin de l'aide, plus que jamais, de tous ses enfants.
samedi 20 septembre 2008
Rachida Dati à Jérusalem, pour la Paix des peuples
La ministre de la justice, Rachida Dati,
les cheveux recouverts par respect pour la tradition musulmane, a
commencé sa visite de trois jours en Israël par se rendre sur
l'esplanade des mosquées.
Pour cette femme, citoyenne et
ministre, née d'un père marocain et d'une mère algérienne, venir ici,
au milieu de tant de souffrances, est un grand symbole pour le peuple
palestinien.
Dans une interview au quotidien
palestinien Al Ayam, proche de l'Autorité palestinienne, la ministre a
souligné le voeu de la France "d'aider le peuple palestinien à établir
un Etat de droit".
Mais dans un esprit de dialogue et
d'ouverture, Mme Dati entamera demain le volet israélien de sa visite
par une rencontre avec le président Shimon Peres ainsi qu'avec son
homologue israélien Daniel Friedmann.
Elle devrait aussi se rendre au Mur des lamentations.
Parce
que la France, terre et patrie des droits de l'homme, a toujours
préféré le dialogue entre toutes les cultures, c'est peut-être grâce à
elle que naîtra, un jour, l'espoir d'une paix entre deux peuples.
Les mots changent le monde, bien davantage que l'épée.
A méditer.
Fiscalité verte : Hulot réclame de la cohérence
Il est temps de "siffler la fin de la récré", écrit Nicolas Hulot
dans Libération déplorant que sur un sujet aussi "sensible" que
l'environnement, il y ait tant de "résistances" au sein de l'exécutif
et aucune cohérence.
Il espère, en outre, un sursaut et que la classe politique, unanime, vote favorablement au projet de loi Grenelle 1en octobre.
Pour
l'animateur, la fiscalité écologique doit faire l'objet d'un "vrai
débat" englobant, selon lui, d'autres thèmes comme la fiscalité
énergétique, avec pour point focus "le déplacement de la fiscalité du
travail sur la fiscalité environnementale, pour que les choses se
fassent à pression fiscale égale".
"70% de notre fiscalité porte
sur le travail, alors que c'est l'énergie, les impacts environnementaux
et les ressources naturelles qu'il faut réguler", estime Nicolas Hulot.
Il
souligne à cet égard que "le candidat Nicolas Sarkozy s'est engagé à
doubler la fiscalité énergétique environnementale". "Il y a donc de la
marge", note-t-il.
Point trop s'en faut de taxes mais
effectivement, il est nécessaire d'entamer un réel débat que de
proposer des taxes irréfléchies et à l'emporte-pièce.
L'objectif est, à terme, de conduire les gens à adopter un comportement responsable.
N'oublions qu'il en va de l'avenir de notre planète.
Et ça, ce n'est pas négociable ... ![]()
De la nécessité de réguler les marchés financiers
Selon l'ancien Premier ministre Lionel Jospin
qui donnait son avis sur ce sujet sur France Inter, la crise actuelle
est la conséquence de l'énorme fossé qui se creuse "entre la sphère
financière et l'économie réelle".
Ces quinze
dernières années, a expliqué M. Jospin, il y eût aussi des crises de
même nature mais elles étaient à la périphérie du système, en Argentine
ou en Russie, alors qu'aujourd'hui elles frappent au coeur : les
Etats-Unis et par ricochet, l'Europe.
Selon l'ancien chef du
gouvernement français, il faut chercher l'origine du mal dans les
paradis fiscaux ou dans les fonds spéculatifs mais surtout dans cet
incroyable fossé qui sépare l'économie réelle de la sphère financière.
Selon
M. Jospin, "on peut faire des sauvetages qui sont sans doute
nécessaires" qui faisait référence à l'assureur AIG renfloué par la
FED, mais il faudra bien, un jour, aller dans le sens d'une régulation
des marchés afin que cesse l'ultra-capitalisation des sphères
financières.
On ne peut pas continuer en permanence sur le
chemin chaotique du néo-libéralisme, de ce point de vue, je suis
d'accord avec Lionel Jospin.
Demain, une autre crise pourra
survenir et sans doute, sera t-elle plus désastreuse encore. Une sorte
de "Big One" de l'économie.
Il faut y réfléchir maintenant ... avant qu'il ne soit trop tard.
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vendredi 19 septembre 2008
Lehman Brothers ou la faillite du néo-libéralisme
Des deux côtés de l'Atlantique, on ne lésine sur aucun moyen susceptible de rétablir la confiance dans les marchés financiers.
Ce
qui n'a pas été sans conséquence : Wall Street et nombre de places
européennes et asiatiques ont vu leur score bondir comme jamais en six
ans.
Surtout après l'annonce conjointe du patron de la Fed,
Ben Burnanke, et du secrétaire d'Etat au Trésor, Henry Paulson, qui ont
déclaré vouloir travailler avec le Congrès durant le week-end pour
traiter les actifs bancaires toxiques qui gangrènent le système
financier.
Selon des sources parlementaires
américaines, le projet des deux hommes serait, en gros, de créer un
fonds chargé d'opérer le grand nettoyage.
En fait, pour ceux qui
s'en souviennent, il s'agirait de recréer le Resolution Trust Corp, du
temps de Bush père, qui était destiné à l'époque à nettoyer les bilans
des caisses d'épargne à un coût de 400 milliards de dollars pour le
contribuable.
La simple évocation d'un éventuel fonds pour
assainir les bilans bancaires serait la dernière et la plus ample des
initiatives prises par les pouvoirs publics américains pour tenter de
sortir d'une crise qui a vu l'accumulation de centaines de milliards de
dollars de créances issues du secteur immobilier devenues
irrécouvrables ou pour le moins douteuses.
Cela fait quand même
trois fois en l'espace d'une semaine que Washington intervient pour
sauver des géants du secteur financier : il y a eu d'abord AIG et
ensuite Fannie Mae et Freddie Mac.
Jusqu'au coup porté par la faillite de la banque Lehman Brothers.
A mon avis, ce ne sont pas seulement les banques qui sont en faillite ... c'est tout un système qui est à revoir.
Le néo-libéralisme est à bout de souffle.
L'Etat
fédéral ne pourra pas jouer les "sauveurs" tout le temps. A continuer
ainsi et la prochaine fois, ce sera bien plus grave.
A méditer ...
jeudi 4 septembre 2008
En Afghanistan, se jouera la Paix du Monde
En visite à Damas, en Syrie, le président français Nicolas Sarkozy
a réaffirmé,lors d'une conférence de presse, que sa position sur
l'Afghanistan n'a pas "changé" et qu'il est toujours "déterminé" à
combattre le terrorisme dans cette partie du monde.
"Nos soldats, en se battant là-bas contre le terrorisme, nous protègent ici", a affirmé le chef d'Etat français.
Pour
Nicolas Sarkozy, le terrorisme est un "mouvement mondial", ce qui
signifie que si on laisse tomber l'Afghanistan, demain c'est le
Pakistan qui sera déstabilisé et de rappeler que "le Pakistan a la
bombe nucléaire".
Et oui, nous ne faisons pas la guerre là-bas
pour le "plaisir" mais parce qu'une défaite là-bas entraînerait des
conséquences néfastes.
Néfastes non seulement pour les Afghans eux-mêmes mais aussi pour nous.
C'est la paix du monde qui se joue en Afghanistan.
mercredi 3 septembre 2008
La France tend la main à nos frères syriens
Première visite d'un chef d'Etat français en Syrie depuis 2002, Nicolas Sarkozy s'est posé aujourd'hui sur l'aéroport de Damas où il a été accueilli par son homologue Bachar El-Assad à sa descente d'avion.
Le
but de cette rencontre étant de renouer le dialogue franco-syrien et
réintégrer ce pays dans le concert des relations internationales.
"Nos
deux pays sont en train d'ouvrir une nouvelle page de leur relation", a
déclaré le Président français au quotidien syrien Al Watan affirmant
que la contribution de Damas est "irremplaçable" dans le réglement des
conflits au Proche comme au Moyen-Orient.
Pour Nicolas Sarkozy
cela ne fait aucun de doute : la paix dans cette région si troublée
passe par la main tendue que la France offre à la Syrie.
Pour
l'instant, la Syrie semble décider à pratiquer une politique
d'ouverture en direction de la France, de l'Union européenne, d'Israël
par le biais des discussions indirectes qui reprendront dans les
prochains jours à Istanbul, et des Etats-Unis, même si Damas attend de
voir quelle est l'administration américaine qui sortira des élections
de novembre.
Bien joué diplomatiquement de la part de notre président.
On
ne peut pas ignorer un Etat au seul prétexte que celui-ci ne
respecterait pas les droits de l'homme. Il est très facile de critiquer
une nation le cul assis dans son fauteuil.
Cela fait causer dans les salons parisiens mais cela ne fait jamais progresser le schmilblick.
Le
Proche-Orient, terre troublée, mais aussi terre de contrastes, où les
civilisations, les cultures s'entremêlent; il est un pont entre
l'orient et l'occident.
Notre salut viendra de cette région du monde.
C'est là que tout a commencé, c'est là que se jouera comme s'est toujours joué le destin de l'humanité depuis près de 3000 ans.
Ce serait une faute de l'oublier.
